Sunday, 6 July 2008

Inferno by Romeo Castellucci

Cour d'Honneur, Palais des Papes Court of Honour, Popes' Palace: Imagine a man, naked save for black shorts hiding a harness, climbing all the way up this facade in the silence of night, not even followed by the light of a projector. His bare hands and feet clinging to the ancient wall's asperities, he makes his way up with amazing ease. For a while he stops in the centre of the rosace, hanging there arms outstreched like a Christ on the cross before continuing his ascension towards the black sky. That was the start to the extraordinary show that opened the Festival d'Avignon last night: 'Inferno' by Romeo Castellucci. I saw it.
Inferno par Romeo Castellucci, Festival d'Avignon 2008
Cour d'Honneur du Palais des Papes : imaginez un homme, nu à part un short noir cachant un baudrier, escaladant toute cette façade jusqu'en haut dans le silence de la nuit, même pas suivi par la lumière d'un projecteur. Ses gestes souples et sûrs le collent aux aspérités centenaires du mur. A un moment il se pend au milieu de la rosace comme un vivant Christ en croix avant de reprendre son ascension vers le ciel noir, toujours en silence... c'est le début de l'extraordinaire spectacle qui a ouvert le Festival d'Avignon hier soir : "Inferno" de Romeo Castellucci. Je l'ai vu.Before the show, this is what you could read : "Romeo Castellucci is sometimes referred to as an iconoclast. He himself says that he creates meaningless theatre which has an immediate impact on the spectator (...) You will be able to experience what it is like to be inexorably swept along into his world. This time around the performance is a divine comedy. Dante's 'La Divina Commedia' is a poem in three parts about a journey to hell, purgatory and finally, paradise. 'Inferno', part one, will be created on the gigantic stage of the Cour d'Honneur in Avignon, in the palace where the first French pope, Clement V, resided. The pope allows Dante to descend into the inferno. We are confronted with man's confusion, the fragmentation of the community and the darkness of art." (source). Read the full blurb about it in English on the official Avignon Festival website.

To fully appreciate the show, forget everything you know about theatre: no more than twenty words are spoken during the 2 hours and 30 minutes that the performance lasts. Think visual. Imagine sixty people on stage creating striking effects with their bodies: hordes of men, women and children of all ages walking slowly like an army of zombies. Humans approaching others who stand still, motionless, and slicing their throats in a ritual killing until no-one remains. Bodies falling silently, gradually forming a sea of corpses. Bodies rolling in dust, in water, in the flames of hell. Never a word, no eye contact between these people, as if being isolated in a crowd was the first step to hell. A piano burns, eight watchdogs bark furiously, a white horse turns in meaningless circles, a huge black veil makes a ballooning appearance on the side wall and waves softly in the wind before falling to the ground. Flickering lights appear from the medieval windows as if people were walking up the stairs and along the corridors before it all turns to a menacing frenzy of lightning and thunder. Throughout the show the ears are subject to over-saturated sounds: loud crashes, distorted Gregorian chants, shrieks, stone walls crumbling down. Do we really have to go through this?
I am yet to read the reviews that came out this morning. Should the piece be lauded or torn to pieces ? Frankly it is often exasperating. Some expensive effects seem pointless or redundant, slowing down the rhythm. Many aspects of it are irritatingly complacent, something commonly seen in other forms of contemporary art. If there are to be no lyrics then the choregraphy should be sharper than it is. You can't just think you're adding dramatic intensity by filling the public's ears with unnerving noises. But if the essence was to let us experience hell, mission accomplished. The people seated next to me went through hell for 2 hours and 30 minutes. They left their seats furious.
I'll remember the silent man climbing up this facade in the dark of night and several other striking images.
Festival d'Avignon 2008 - Inferno de Romeo Castellucci
La Divine Comédie de Dante est divisée en trois parties, l'enfer, le purgatoire et enfin le paradis. Pour cette création, 'Inferno', Romeo Castellucci s'inspire librement de la première partie, l'enfer. Lire ici la longue présentation du metteur en scène et de la pièce sur le site officiel du Festival d'Avignon.
Pour apprécier, oubliez tout ce que vous savez sur le théatre. Moins de vingt mots sont dits durant les 2 heures et demie que dure le spectacle. Pensez succession de tableaux visuels utilisant l'impact d'un groupe de soixante personnes avançant en masse comme des zombies, se croisant sans se voir ni se toucher, tombant devant la mort, se roulant dans les flammes de l'enfer, s'égorgeant mutuellement, faisant une mer de cadavres. Cohortes de déportés hagards, villages entiers massacrés, il n'est guère difficile de retrouver l'histoire contemporaine dans ces tableaux d'horreur. Et jamais de paroles ni même de contact visuel entre ces gens, comme si l'enfermement individuel au sein de la foule était le premier des enfers.
D'une fenêtre médiévale à l'autre une lumière apparaît, comme si quelqu'un montait un escalier à l'intérieur puis suivant d'invisibles corridors. Elle se transforme ensuite en frénésie d'éclairs et de tonnerre. Un piano brûle, huit chiens de garde aboient tout leur saoûl, un cheval blanc fait une apparition incompréhensible, le martèlement de ses sabots nous claque dans la tête, un immense voile noir gonfle le long de la façade, s'anime avec la brise de la nuit et finit par s'affaler sur scène. L'accompagnement sonore est violent, dur : chocs, éboulements de pierres, chants grégoriens distordus, musique effroyablement grésillante comme jouée sur un mauvais pick-up au son poussé au maximum. Un univers sonore saturé, déformé, agressif... Alors, réussi ce spectacle ? Parfois exaspérant. On y trouve des longueurs qui cassent le rythme et un usage complaisant d'artifices dénués de sens - complaisance qu'on retrouve malheureusement souvent dans d'autres formes d'art contemporain. La chorégraphie, qui devient centrale en l'absence de texte, devrait être bien plus travaillée. On ne peut pas se contenter de remplir les oreilles du public de sons insupportables pour créer l'intensité dramatique. Mais après tout si le sujet était l'enfer eh bien oui, mission accomplie. Pour mes voisins ça a été l'enfer pendant deux heures et demie, ils sont sortis furieux.
Moi je retiendrai l'homme escaladant cette magnifique façade dans le silence de la nuit et quelques autres très belles trouvailles visuelles.
Festival d'Avignon 2008 - Inferno de Romeo Castellucci

18 comments:

Nathalie said...

The photo below was taken during the short time when a huge piece of silky cloth was pulled over the seating area in order to distract the public during a change of decor on stage.

I have not read the blurb I gave you a link to, nor have I read any of the reviews of the show that have probably come out now. What I wrote was purely my own impression of the show.



La photo du bas a été p

Nathalie said...

La première photo a été prise juste avant le début du spectacle, la deuxième pendant un court intermède où un grand tissu soyeux a été tiré au-dessus de l'ensemble de la tribune, cachant ainsi aux spectacteurs un changement de décor. Un intermède ludique et bienvenu.

Je ne savais rien de Romeo Castellucci ni de son oeuvre avant d'aller voir ce spectacle. Je n'ai pas lu la biographie de Castellucci ni la présentation de l'oeuvre vers lesquelles je vous ai mis un lien. Je n'ai pas lu les critiques qui ont dû sortir ce matin. Ce que j'ai écrit reflète entièrement mon point de vue sans influence extérieure.

Gregory Sey said...

J'aime bien les points de vue sans influence extérieure

Château-Gontierdailyphoto said...

Dommage de sortir déçu d'un spectacle. Mais ta 1ère photo est magnifique....et pour le Blog c'est ce qui compte !

Kris McCracken said...

It is a beautiful spot, thanks for sharing the experience with us.

brigetoun said...

c'est superbe et c'est l'inferno mieux que ne l'aurait donné un découpage studieux des mots, les idées, leur mouvement et la langue y sont, pour moi en tout cas.
et la cruauté et les plages de tendre humanité

Carraol said...

Beautiful facade of this impressive palace, I guess that play was an interesting thing to see. Congratulations for your work in this new blog, the pictures are great!

Bergson said...

le spectacle ne t'a pas boulversifiée !!

Aurais tu préféré conservé le tissus sur la tête tout le spectacle ?

Peter said...

Voilà, Nathalie en critique de théâtre ! Bravo pour ton courage d’exprimer tes opinions ! (Il faudrait lire les critiques des journaux pour comparer.) Apparemment un spectacle qui aura du mal à voyager et à montrer ailleurs qu’en Avignon.

Cergie said...

En tout cas lire ton compte rendu est un vrai bonheur. On sent que tu as vêcu tout de même intensément, que tu n'as pas jugé à priori.
Tu sais, tu me fais penser à moi lorsque j'assiste à un match de rugby (ça m'est arrivé deux fois, ça ne va pas bien loin) en direct : on sait jamais ce qui va se passer alors faut être toujours prêt au cas où.
Ben voilà, c'était donc le prologue, ce festival ne pourra que monter en puissance...

Jilly said...

Beautiful photographs and fascinating commentary. How I'd love to have seen this spectacle. You don't need words to act.

re those faces in Monte Carlo - and yours in Avignon. Yes, they are gorgeous. I'll keep looking for more. It's actually not difficult, they are everywhere.

David said...

Le grimpeur en question, c'est Antoine Le Menestrel, Luberonnais qui a sa compagnie de danse-escalade, "les lézards bleus".
Et maintenant que j'ai lu ta critique du spectacle, je ne regrette pas de le rater...merci !

Harry Makertia said...

Thanks for your story. I enjoyed very much!

Brett said...

Great photo, love the feel of it.

Nathalie said...

David merci pour l'info. Est-ce que tu pourras faire savoir à Antoine à quel point j'ai aimé ce qu'il a fait ?

Milbert Benstein said...

Je n'ai rien vu, mais j'aime les spectateurs sous la toile blanche.
Et c'est peut-être pour ça que je n'irai voir aucune pièce de théâtre.
Le spectateur est immobile. Albert Einstein disait quelque chose comme : « Ce qui détruira le monde ce n'est pas ceux qui font le mal, ce sont ceux qui les regardent en ne faisant rien. »

MmeBenaut said...

I don't think I would have been able to sit through it. I think you're very brave!

ed said...

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